Webtélésurveillance

Fenêtre sur cours (Google StreetView)

lundi 16 février 2009, par Christophe Del Debbio | Lu à 4319 reprises depuis sa mise en ligne | 1 réax | Mots clés: Détournement | Google | DelDebbio |

Une errance dans Paris. Une errance sur le Net. Et, soudain, GoogleStreetview te piège en plein effort. Bienvenue dans un monde moderne.

Ma voiture est en photo sur internet.

Pourtant, je ne cherche pas à la vendre, et je ne l’ai pas mise sur des sites de photos comme Picasaweb ou Flickr. Ma voiture n’a aucun intérêt. Elle n’est pas tunée, ce n’est pas un modèle de collection, elle n’est pas luxueuse, loin s’en faut. Et pourtant, tout le monde peut la voir sur internet depuis plusieurs mois.

Il y a quelques années, Google avait créé Google Maps, pour afficher des plans, des cartes.

Puis Google Earth, qui permet, grâce à des images aériennes en 3D, de voir en assez bonne résolution les rues, les toits, les cours d’immeubles, les routes et chemins.

Par exemple, voici mon immeuble vu par Google Earth.

La terre entière a été prise en photo par satellite. On peut même voir les sous-marins d’une base militaire côtière !

http://www.meretmarine.com/article_imprimer.cfm?id=105782

Depuis, Google a créé Street View.

Ils se baladent avec une voiture équipée d’une caméra dans les rues des villes du monde entier et filment à 360°.

http://www.zorgloob.com/2008/05/google-street-view-paris.asp

C’est amusant, non ?

J’ai voulu vérifier si ma rue avait aussi eu l’honneur d’être immortalisée. La réponse est oui. Ils ont filmé ma rue, mon immeuble. C’est génial de se balader ainsi virtuellement dans les endroits que l’on connaît. La dernière fois que mon quartier a été filmé, c’était pour le film “Mesrine”. La fois précédente, c’était par Agnès Varda.

Ils ont aussi filmé ma voiture, garée devant. Heureusement, comme ce sont des personnes animées d’honnêtes intentions, Google a flouté ma plaque d’immatriculation. Merci Google, de respecter ma vie privée.

Par contre, ils n’ont pas flouté une voisine qui traversait la rue à ce moment-là. Mais on la reconnaît à peine. Je ne sais pas si elle sait qu’elle est sur internet. Elle va être contente quand je vais lui dire.

Ils ont aussi filmé les fenêtres de ma voisine. Mais on ne voit pas grand chose, il y a des rideaux, et son mari ne bronzait pas sur son balcon à ce moment-là.

Moi, je suis malchanceux. Mon appartement donne sur la cour, pas sur la rue ! Et j’ai vérifié, je ne passais pas sur le trottoir quand Google a filmé.

Donc, privé de photo ! Quel dommage.

Heureusement, ayant la chance de vivre à Paris, il me reste les caméras de vidéosurveillance. 120 caméras sur la voie publique, 120 caméras mobiles embarquées appartenant à la Préfecture de police, auxquelles s’ajoutent les images des 206 caméras de voie publique appartenant à la ville de Paris, et des 9.500 caméras des réseaux RATP-SNCF de Paris et de la banlieue .

Ouf !

There was of course no way of knowing whether you were being watched at any given moment… It was even conceivable that they watched everybody all the time.” (George Orwell, 1984)

Post scriptum : l’arroseur arrosé

.

Le 23 mai 2008, notre camarade Pascal a immortalisé dans le 20ème arrondissement de Paris la voiture de Google Street View en action.

Mais du coup, il a lui-même été immortalisé au même moment par Google Street View sur son balcon, en train de prendre la photo.

Pascal est un homme courageux qui n’hésite pas à offrir son image gratuitement aux internautes du monde entier. L’ échange de point de vues est intéressant, mais le rapport de forces reste déséquilibré.

Google continue à sillonner inlassablement les routes de France, d’Europe et du monde, pour quadriller à terme la planète entière. Bonne route…

++++

Fenêtre sur cours (suite)

Aujourd’hui, je me suis baladé dans Paris presque toute la journée. Tourisme, lèche-vitrines, promenade dans des quartiers très différents. Au final, j’ai parcouru pas mal de kilomètres.

La vie trépidante de la capitale, c’est toujours passionnant, mais également fatiguant. La foule sur les trottoirs, la bousculade, c’est ce qui m’a été le plus pénible.

J’ai évité des enfants dans des poussettes

J’ai vu des ouvriers qui travaillaient en plein soleil

J’ai aussi croisé un courageux cycliste

Ainsi que des personnes âgées, qui avaient bien du courage de sortir dans cette bousculade.

Assoiffé, je me suis approché d’un café.

Je devais commencer à être sérieusement déshydraté, car je voyais certaines des personnes attablées floues, et d’autres non.

J’ai repris ma balade, mais bizarrement, les gens qui étaient aux fenêtres étaient parfois flous, parfois nets.

J’en ai conclu que c’était peut-être moi qui n’était pas très net.

Vaguement inquiet sur mon état de santé, je me suis dirigé vers une pharmacie. Mais mon problème de vision semblait persister. Certains visages m’apparaissaient nets, tandis que d’autres sur des photos publicitaires étaient flous.

Pour me changer les idées, j’ai décidé d’aller vers Pigalle. Mon trouble de la vue persistait, sans que je sois capable de déceler s’il provenait des vitrines ou d’autre chose.

Je songeais alors à rentrer.

A vol d’oiseau, j’étais très près de chez moi.

Finalement, vers 20H, j’ai achevé ma balade.

J’ai quitté Google Street View et éteint mon ordinateur.

P.-S.>

Pour en savoir plus sur les aléas du logiciel de floutage automatique de Street View :

http://www.top-logiciel.net/news-article.storyid-2904.htm

http://www.ecrans.fr/Google-Street-View-vices-prives-et,6409.html

A lire également :

Google, indic de la police


Débats

1 Message

Répondre à cet article

modération à priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici. [Se connecter]
Ajoutez votre commentaire ici

Suivre les commentaires : RSS 2.0

Flattr-ies et Kurbettes

Depuis toujours, c’est la quadrature du cercle (infernal) : comment rétribuer le « travail créatif » sur le Net. Avec l’apparition de flattr, un système de microdons façon réseau social, les choses bougent. Un peu. Réflexions (rapides) sur la notion d’auteurs et du système pour les rétribuer/reconnaître, en attendant le plug in ad hoc pour SPIP.

Lire la suite

Soutenir ce site

Flattr: système de micro-paiement social, lancé par une partie de Pirate Bay »

SponsorSite

Alerte SponsorSuspect »

Auto promo