Séance d’écoute musicale

Du collage dans la musique [manuel technique de survie]

samedi 16 juin 2007, par Vieux Thorax | Lu à 21201 reprises depuis sa mise en ligne | 7 réax | Mots clés: Société de contribution | Electro-Kitsch Manifesto | Détournement |

Sampler, échantillonner, voler, se réapproprier, coder, décoder, chaparder, transformer, muter, changer, modifier. Voilà ce qu’est le collage dans la musique. Tout à la fois folie et échappatoire, salut et liberté. Je vole, tu voles, nous volons. Loin. Voici un texte complet signé du Vieux Thorax.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’on entend par collage ? Définition de base : c’est l’assemblage de matériaux au moyen d’une colle.

Dans l’art, le collage désigne une œuvre artistique obtenue par collage. Par exemple, de bouts de papier, de photos, d’objets de récupération...

En musique, ce sera la même chose : un assemblage de sons plus ou moins hétéroclites pour créer quelque chose d’autre...

Il existe différentes techniques (montage, mixage, échantillonnage...) qui sont apparues au fil du temps, parallèlement aux évolutions technologiques, en particulier la possibilité d’enregistrer et de fixer la musique sur des supports (disques, bandes magnétique...) puis le développement de l’informatique.

On retrouve ces collages dans des courants musicaux très divers, dès les années soixante...

1- Les origines du collage (de 1900 aux années 60)



- Origines artistiques :

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On trouve des collages à la fois dans les arts plastiques, la littérature et la musique. L’explosion créative du collage commence dans les années 1910, au sein du mouvement cubiste (Picasso, Braque…), puis du dadaïsme (1916-1922 ; Duchamp, Picabia…) et du surréalisme (années 20 et 30 ; Ernst, Magritte…), ceci surtout pour les arts plastiques (collages plus tard également dans les années 60, dans le style Pop art ).
Articles sur l’art du collage : http://www.les-marcheurs.net/article.php3?id_article=9
http://www.art-pjm.com/actualite.php

En littérature, William S. Burroughs invente au début des années 60 le " cut up " : technique consistant à couper différentes parties d’un texte et à les combiner pour reformer un nouvel écrit, tout comme un collage en peinture ou un montage au cinéma. Le cut up veut révéler l’inconscient de l’écriture. La découverte par accident d’un sens nouveau, met en rapport l’impression de déjà vu que l’on retrouve dans des lieux où l’on croit déjà être venu auparavant. http://www.6bears.com/cutup.html

Retenons l’importance de l’idée d’accident, d’où nait quelque chose d’autre… Mais aussi l’idée forte de l’impertinence, l’attitude iconoclaste, irrespectueuse, développée dans le dadaïsme, caractérisé par une grande liberté d’action…

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la réédition.
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L’édition originale



- Quelques musiciens précurseurs :

Charles Ives (1874-1954) : Dès les années 1910, il élabore une œuvre faite en partie de collages, par des superpositions thématiques et mélodiques, empruntant au folklore des Etats-Unis (gospel, fanfare, jazz, etc.)
Ecoute : Washington’s Birthday (extrait des New England Holidays) 1909.

Inspiré par l’expérience d’avoir avec son père fait venir deux fanfares à la rencontre l’une de l’autre, puis de se placer au milieu pour apprécier le mélange produit il transpose cela en une partition écrite, où des petits groupes dans l’orchestre jouent des parties différentes. Il en ressort l’impression d’un tapis dense de plusieurs mélodies qui se chevauchent et de bouts de thèmes variés qui finissent dans une fusion explosive de l’ensemble.

C’est en quelque sorte un collage en « grandeur nature ». Ces partitions sont très difficiles à interpréter, surtout pour les musiciens de l’époque. Cette contrainte matérielle va complètement disparaître avec la possibilité technique d’enregistrer de mieux en mieux le son : on peut jouer simultanément deux disques d’orchestres différents ; avant l’apparition de l’enregistrement sonore, le seul moyen était de faire jouer réellement les deux orchestres.

Luigi Russolo (1885-1947) : Peintre et musicien italien, membre du mouvement futuriste. Il veut révolutionner la musique et créé de nouveaux instruments à bruits, inspirés par la multiplication des machines dans la vie quotidienne. Il rédige un manifeste à ce sujet :
L’Art des bruits : manifeste futuriste : 1913 (Allia, 2006)

Il aura une influence certaine sur les musiciens « concrets » et dans la musique électronique…



- La musique concrète :

Concept créé par Pierre Schaeffer et Pierre Henry dans les années 50.

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Pierre Henry (D.R.)

Le principe : partir non plus de la partition (qui transcrit l’intention du compositeur) mais d’abord d’une matière sonore brute, enregistrée, pour ensuite l’agencer (forte opposition de Boulez et de l’Ecole de Darmstaadt, qui recherchent au contraire le contrôle total du son). La technique : le collage de bandes magnétiques (découpage au rasoir et remontage des bandes au ruban adhésif ; travail très long et minutieux). Voir une définition dans Modulations , p. 22 (ouvrage cité dans la bibliographie).

John Cage :
compositeur américain très important et influent, notamment pour ses expérimentations très diverses cherchant à repousser toutes les limites et pour son travail sur la notion de hasard appliquée à la musique. Dans les années 50, une partie de son travail est ainsi en phase avec la musique concrète.
Ecoute recommandée : Williams mix (1952) sur la compilation OHM (cf. discographie).

Schaeffer et Henry auront eux-mêmes de nombreux élèves, dont François Bayle, Ivo Malec, etc. Il existe un coffret très riche sur le sujet : les Archives du GRM (5 CD + 1 livret).
Mais le développement se fait aussi dans d’autres pays, sous le terme plus large de musique électro-acoustique. Un exemple très intéressant est fourni par une compilation de compositeurs suédois : Electro Acoustic Music From Sweden.

Utilisation des sons pour créer une histoire, comme dans les feuilletons radiophoniques, et travail sur les voix / dialogues pour les détourner et ainsi créer puis diffuser un message différent (ici, dénonciation du colonialisme en Rhodésie).



- Rencontre des cultures savante et pop

Au cours des années 60, des musiciens comme les Beatles ou Frank Zappa s’intéressent de plus en plus aux nouvelles techniques d’enregistrement et aux possibilités qu’elles ouvrent.

Aux Etats-Unis, Zappa est ainsi un grand admirateur d’Edgar Varèse et l’on ressent l’influence de la musique contemporaine dès les premiers albums de son groupe, The Mothers of Invention (1966-1970), à dominante pop, mais aux horizons très ouverts (rock, jazz, doo-wop, bruitages…), citons Absolutely free au titre bien révélateur, Uncle Meat, et We’re only in it for the money, réponse et hommage à l’album Sgt Pepper… des Beatles. Dans ce disque, on retrouve l’esprit et l’influence du collage dans la façon de composer les morceaux et de les organiser entre eux (apparition du concept album).

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G. Martin et les Beatles au studio Abbey Road (D.R)

En Angleterre, les Beatles collaborent avec Georges Martin, musicien de formation classique qui leur ouvre de nombreux horizons en termes d’arrangements et de technologie : musique classique pour des chansons comme Yesterday et premiers enregistrement studio en stéréo, puis sur 4 et 8 pistes… Cette technologie bouleverse les habitudes des musiciens : possibilités nombreuses comme enregistrer les musiciens un par un, garder seulement certaines prises, certaines pistes…

Sur, l’album Revolver , en 1966, apparaissent les premiers collages. Solos de guitare joués « à l’envers » (la bande de la piste de guitare solo a été coupée puis retournée et recollée) : exemple sur I’m only sleeping. Et l’album se termine par un titre quasi-visionnaire, Tomorrow never knows, dont la rythmique est entièrement basée sur une boucle qui lui donne une couleur très étrange, plus de nombreux collages de sons, dont plusieurs à l’envers. C’est un peu le morceau fondateur (ou du moins très emblématique) du psychédélisme.

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Cette chanson annonce la suite de l’œuvre des Beatles, qui vont se concentrer sur le travail en studio exclusivement. Sgt. Pepper’s lonely hearts club band, en 1967 : bruits d’animaux, de foules, orchestrations, titre final résultant d’un collage de deux chansons (John et Paul)… Sur The Beatles (« album blanc », 1968) : Revolution N° 9, réalisé avec Yoko Ono, est un collage inspiré de l’avant-garde new-yorkaise). Abbey Road (1969) : se termine par un long assemblage de chansons, construit un peu comme une pièce symphonique, avec différents mouvements, et des thèmes musicaux récurrents…

Autre célèbre exemple : le remix fait par Georges Martin et les membres restants du groupe de Free as a bird, avec la voix et le piano de John Lennon enregistrés en 1977, et une orchestration jouée en 1994. En 2007 enfin, le nouveau disque Love est une recréation de titres des Beatles par réarrangement des pistes…

Beaucoup d’autres groupes seraient à citer, comme les anglais de Pink Floyd, pour la face studio de l’album Ummagumma (1969)…

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Dans cette période marquée par le psychédélisme, l’expérimentation et le mélange des genres, une collaboration a lieu entre Pierre Henry, compositeur de musique concrète, et Michel Colombier, arrangeur de variété touche à tout, dans la grande tradition française des compositeurs de musique de film, naviguant entre jazz, classique, chanson et musique pop - voir notre discographie sur Michel Legrand, ou encore les disques de la collection Ecoutez le cinéma, dirigée par Stéphane Lerouge, sur Michel Magne, François de Roubaix, Gainsbourg...

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Cette collaboration est Messe pour le temps présent , créée en 1968 pour un ballet de Maurice Béjart. Œuvre de référence car parfait mélange entre musique pop ludique faite pour danser, et arrangements bruitistes, originaux et complexes, issus des collages de la musique concrète. Trente ans plus tard, toute la scène de la musique électronique lui rend d’ailleurs hommage à travers une compilation de remix : Métamorphose : Messe pour le temps présent, avec des artistes reconnus comme Coldcut ou St Germain.



- Evolution dans les années 70



- Krautrock :

Ce mélange de cultures, cette assimilation de la musique savante occidentale par des groupes de rock, à leur façon, a aussi lieu à travers le mouvement Krautrock, en Allemagne au débuts des 70’s. Les groupes phares sont Can, Faust et Neu ! Mais aussi Amon Düll II ou Cluster…

Une seule grande plage de 44 minutes, sans titres, de nombreux passages enchainés sans temps morts, avec des ambiances très diverses, plus ou moins mélodieuses ou bruitistes.

Dans un style proche, écoutes recommandées de Aumgn, par Can (sur Tago Mago, 1971) et de Holger Czukay (Can) : Boat-Woman-Song (1969, sur la compilation OHM) :
Une boucle de musique orchestrale (cordes) et de voix de femme asiatique : beauté et dépaysement créés par la répétition et l’agencement de quelques boucles d’horizons différents. Sonorités habituelles aujourd’hui dans la publicité ou le cinéma, mais inédites à cette époque (musique world et / ou proto New-Age, en quelque sorte).


- Minimalisme :

C’est un courant de la musique contemporaine, se développant surtout dans les années 70 aux Etats-Unis. Steve Reich en est l’un des principaux représentants. Il travaille sur la répétitivité, d’abord sur des déphasages graduels de boucles de bandes magnétiques, puis avec des instrumentistes à partir de 1967.

Ecoute recommandée : Different trains (2000) pour 48 cordes et bande pré-enregistrée
On y entend notamment des modulations de voix et de sons de trains…
Compilation hommage en 1999 : Reich remixed (Nonesuch, 1999) Sur le même principe que celle sur Pierre Henry, avec Coldcut, DJ Spooky, Howie B, etc.

On peut citer aussi, entre autres compositeurs, Terry Riley (musique répétitive) …


- New-wave :

Le phénomène punk est assez peu novateur sur le plan de la technique musicale elle-même, alors qu’on y trouve une forte créativité dans les collages graphiques d’un anglais comme Jamie Reid (pour les Sex Pistols) et les collages vestimentaires de la créatrice de mode Vivienne Westwood. Elle et Malcolm McLaren (son mari, manager des Sex Pistols), se réfèrent beaucoup aux dadaïstes (voir le très riche ouvrage de Jon Savage, England’s Dreaming, sur l’influence de ce mouvement dans la culture populaire anglaise…). Seuls certains groupes comme The Clash évoluent vers une fusion de styles musicaux mais c’est déjà une autre période qui s’ouvre (forte influence du dub, puis de la scène new-yorkaise et du rap, en 1980 avec l’album Sandinista, qui contient sa part de collages…).

Le collage reste tout de même présent dans la « new-wave » (terme commode pour classer les groupes les plus hors-norme de l’époque) : quelques uns parmi ceux-ci utilisent toujours cette technique :

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The Residents : Meet the Residents (1973) groupe mystérieux (aux membres anonymes) et new-wave avant l’heure, dans le look comme dans la musique.

« Ce groupe désacralisa les vaches sacrées de la pop music à l’aide de synthés kitsch et de bandes magnétiques manipulées. Il proposait des reprises délibérément affreuses de Nancy Sinatra, James Brown, des parodies sauvages de Georges Gershwin… »
(Modulations, p. 85)
Ecoute recommandée : N-er-gee (Crisis blues) extrait de Meet the Residents (1973). Il s’agit d’un détournement de Nobody but me, un standard pop américain des années 60. La pochette de l’album parodie un album des Beatles. On retrouve sans cesse chez eux ce coté iconoclaste et irrévérencieux du collage tel qu’initié dès le dadaïsme (une fois de plus).

Aux Etats-Unis toujours, on peut citer Talking Heads, pour l’excellent et ovniesque album Remain in light (produit par Brian Eno en 1980) qui utilise des rythmiques inspirées des musiques du monde (Afrique notamment) mais aussi des sons électroniques, créant un mélange sonore très original et séduisant.En Angleterre, le groupe Cabaret Voltaire tire son nom d’un lieu de réunion des premiers dadaïstes (puis titre d’un ouvrage du mouvement Dada, en 1916). Leurs premiers albums utilisent beaucoup de collages, musicaux mais aussi visuels, comme sur la pochette de The Voice of America (1980). This Heat, autre groupe, fort influencé par Faust, mélange des influences punk et krautrock. Ecoute recommandée de l’album Deceit (1982). Il faudrait parler aussi des anglais de Throbbing Gristle et de la scène industrielle, qui perpétuent l’art de collage à travers une partie de leurs travaux très expérimentaux…

Mais la new-wave évolue dès le début des années 80 vers l’utilisation des sons synthétiques. Le développement de l’électronique fini par permettre la diffusion en masse du synthétiseur. Cet instrument permet d’obtenir sur un seul et même clavier de nombreux sons d’aspects bien différents. Ce type de bricolage sur bandes magnétiques est donc plutôt éclipsé par l’apparition des synthés et des boîtes à rythme. Ils constituent en quelque sorte l’autre versant des musiques électroniques, par l’utilisation de sons synthétiques / électroniques et non pas réels / concrets…

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Quelques albums où le collage est à la fois dans le contenu et dans le contenant :

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Coldcut : Let us play (1997)
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The Beatles : Sgt Pepper... (1967)

2 - Le deejaying : une forme « live » de collage, née avec le hip-hop (années 70 – 80)

On signale souvent dans la littérature sur les musiques actuelles que le musique de la communauté noire (américaine, anglaise et jamaïcaine) à un rôle assez précurseur. C’est le cas avec la culture hip-hop , très inventive et qui va profondément influencer toute la musique populaire jusqu’à aujourd’hui, avec le r’n’b, par exemple…



- La naissance du dub :

Ce style musical nait en Jamaïque au cours des années 70, d’opérations de remixage des pistes instrumentales de reggae (versions) qu’on utilise pour les faces B des 45-tours. Soit elles resservent pour une autre version chantée, soit des toasters posent leur voix dessus pour exhorter la foule à danser lors des sound-systems. U Roy est l’un des plus anciens et des plus célèbres. Des producteurs / bricoleurs de génie tels Lee Perry et King Tubby, se mettent alors à utiliser de plus en plus d’effets comme la reverb ou l’écho, et les appliquent à certains instruments isolés (une partie de la batterie, par exemple…). Ils pratiquent aussi le cutting qui consiste à supprimer momentanément certains pistes d’instruments afin de sculpter en creux le son comme on peut le faire dans la pierre. Il en résulte, de versions en versions, une musique différente et nouvelle, qui va contribuer au développement du rap, en Amérique.

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King Tubby en studio (D.R.)

Ecoute recommandée de Horace Andy : In the light + In the light dub : un très bon album de reggae, réédité en CD avec à la suite sa version complète en dub.

Même principe avec le groupe punk/reggae londonien Basement 5 : 1965 – 1980 + Basement 5 in dub



- Hip-hop :

Dans les années 70, la population des quartiers pauvres de New-York n’a que peu de moyens pour se distraire. C’est l’invention des « block parties » où des DJs (disc jockeys ) enchainent des disques, souvent en pleine rue ou sur des toits… Tout une culture se met en place, le hip-hop , une culture de la rue, avec le graffiti, la danse, et la musique, avec le phrasé rap (dont les ancêtres sont les Last Poets, dès 1970) et le deejaying , ou l’art de passer les disques, en partie venu de Jamaïque, et qui remplace l’organisation de vrais concerts, car beaucoup trop chers (importance de Kool Herc, DJ venu de Jamaïque).

Des techniques se développent, comme le scratching ou encore le cutting (ou cut up) , forme de collage permettant de rejouer abondamment certains passages de disques, comme des breaks de batterie, et de mixer dessus des sons venus d’autres disques.

« Ils travaillaient cette musique en temps réel sur des platines disques, de manière à supprimer la structure couplet-refrain-couplet-pont des chansons populaires, et ne conservaient ainsi que des répétitions de cellules percussives complexes… ».
(Modulations p. 121)

En 1979 : sortie du single Rapper’s Delight de Sugarhill Gang, gros succès commercial qui sort le hip-hop de l’underground et éveille l’intérêt des maisons de disques. On retrouve là le même procédé que celui utilisé en Jamaïque avec le toast sur les versions instrumentales…

En 1982 : sortie de The Message de Grandmaster Flash, (sur le même label Sugar Hill), énorme succès aussi mais surtout premier commentaire social du rap, exprimant la frustration urbaine, l’un des plus grands classiques du hip-hop.

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Grandmaster Flash (D.R.)

« Pour ne pas perdre la vue d’ensemble de son travail en mixant, Grandmaster Flash répartit ses disques dans cinq caisses. La première caisse était destinée aux morceaux lents comme Heartbeat, la deuxième à des morceaux assez lents comme Good Times, la troisième à des pièces au tempo moyen comme celles de Kurtis Blow, et la quatrième pour tous les morceaux plus rapides comme le Give it to me de Rick James. La cinquième boite hébergeait toute sorte d’effets spéciaux (en particulier le disque de Kraftwerk Trans Europe Express) qui intervenaient comme break, comme bouche-trous ou comme éléments perturbateurs. A partir de ces cinq caisses, Flash pouvait composer ses morceaux. »
(DJ Cultures / Ulf Poschardt)

-Eclipse puis révolution technologique

A partir de 1982, et du titre Planet rock d’Afrika Bambaataa (référence essentielle dans le hip-hop), le synthé et la boîte à rythme supplantent le scratch et le cut up dans le hip-hop. C’est le cas aussi dans Rock it, tube planétaire d’Herbie Hancock : on est plutôt dans la composition et l’interprétation sur des instruments électroniques (ou par scratching). C’est le règne du tout synthétique, et donc une mise en retrait des collages, durant environ 6 ans.
Par contre, grâce aux boîtes à rythme, la notion de programmation va pouvoir être assimilée, chose bien utile pour la suite, avec l’apparition de nouvelles machines…

A partir de 1988/89, le hip-hop connaît un renouveau, qui correspond dans le temps à une invention technologique majeure, celle du sampler , ou échantillonneur . Grâce à l’informatique, les fabricants d’instruments cherchant à synthétiser au mieux (et donc à imiter) le son des instruments réels, débouchent sur la possibilité d’enregistrer et de rejouer le son d’origine lui-même (notamment parce que les capacités de stockage de données sont de plus en plus grandes…).

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Courbe graphique d’un sample sur un logiciel

Cela offre toutes les possibilités imaginables de détournement sonore et marque le retour de l’utilisation de courtes séquences musicales ( boucles / loops ), exactement comme dans le deejaying sur les platines vinyle, mais avec des possibilités beaucoup plus variées et précises. Le procédé de montage reste le même qu’avec les bandes magnétiques, mais il suffit de quelques clics pour découper et recoller une séquence, ou pour l’inverser, l’amplifier, etc… Tout cela à l’aide de nombreux logiciels, tels les trackers , ou les studios multipistes numériques (Acid, Cubase…). On parle de MAO (Musique assistée par ordinateur).

Les possibilités de montage sont donc incroyablement facilitées. Mais grâce à l’approche spéciale des DJs envers les disques vinyle, on a également intégré dans la pratique du sampling une nouvelle façon de concevoir du son :

« Le scratch et le cutting étaient des techniques totalement nouvelles appliquées au son. […] Avant, tout le monde se contentait de poser le disque sur la platine et de l’écouter. D’un seul coup, la platine est devenue un instrument de musique à part entière. Le vinyle est devenu une sorte d’archive sonore pratique […]. Des choses comparables ont été tentées par John Cage ou Pierre Schaeffer. Cependant, par définition, ces idées étaient d’avant-garde et n’étaient partagées que par très peu de gens. Ce qu’a réalisé Grandmaster Flash a fait le tour du monde [et les gens comme lui] n’ont pas seulement inventé une nouvelle façon de travailler le son, ils ont aussi inauguré une toute nouvelle attitude conceptuelle envers le son : n’importe quel disque peut être détourné et combiné avec un autre disque. »
[citation complète de Kodwo Eshun dans Modulations, p. 133]

Or c’est exactement la même idée qui est mise en œuvre dans le sampling, mais dans des conditions techniques beaucoup plus faciles.

Ceci dit, les deux techniques ont continué à coexister jusqu’à aujourd’hui. En effet presque tous les groupes de rap ont préféré garder un DJ qui mixe « en vrai » sur des platines vinyle, pour l’aspect spectaculaire « sans filets » de la chose, et par éthique, pour rester le plus proche de l’état d’esprit d’origine du hip-hop. Mais le deejaying se perpétue aussi dans un aspect plus expérimental, le turntablism  :

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Turntable solos  : exemple de compilation d’artistes, sur le label Amoebic (1999)
Ecoute recommandée : Slow breathin / L ?K ?O (Tokyo, 1999)
Christian Marclay (USA) : More Encores (ReR, CM1, 1988) :
Ecoute : Jane Birkin & Serge Gainsbourg / Christian Marclay
A signaler aussi : Birdy Nam Nam : quatre DJs hip-hop / electro (voir plus bas, avec la scène française).

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3 - L’avènement de l’informatique musicale et du sampler
(années 90 – 2000)

-Dans le hip-hop :

Public Enemy / le Bomb Squad

Ce changement de son dans le rap est d’abord surtout incarné par groupe Public Enemy et son équipe de producteurs, le Bomb Squad (incluant les frères Shocklee) qui va révolutionner la production hip-hop et laisser une forte empreinte. Ils créent un groove bien particulier, avec plus de souplesse dans le son (samples de batteries de James Brown…) mais en même temps une certaine dureté (samples de guitares metal) et surtout l’ajout de nombreux petits sons, bruits, instruments, travaillés très finement. Egalement beaucoup de dialogues extraits de films, d’actualités ou de discours politiques ; autant de références pour ce groupe très engagé…
Ecoute : Brothers gonna work it out ; War at 33 1/3 - sur Fear of a black planet (1990)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Public_Enemy_(musique)

Beastie Boys : Paul’s Boutique

Enregistré à Los Angeles en 1989. Les Beastie Boys sont qualifiés comme groupe de rap, mais on sent dans cet album une vraie culture musicale pop rock. Les samples méticuleux qui l’habillent sont issus de ce registre musical, mais y côtoient aussi des rythmes groove et funky. Ils osent tout, avec beaucoup d’énergie et d’humour et passent du coq à l’âne (tel le country & western 5-Piece Chicken Dinner). Le morceau final, B-Boy Bouillabaisse, divisé en plusieurs parties (à l’image du disque) brasse en vrac des rythmes hip hop, funk, reggae, electro, drum’n bass ... pendant plus de 12 minutes ! Véritable puzzle musical, ce disque cosmopolite a vraisemblablement influencé des artistes tels que DJ Shadow ou Beck.

« La production est effectuée en collaboration avec les Dust Brothers : l’action et le dépaysement sont permanents. Adrock, MCA et Mike D s’amusent avec tout ce qu’ils ont trouvé au grenier et leurs délires ultra-funky ne connaissent pas de limites. Une performance d’horlogers maniaques au niveau des samples et une incroyable fantaisie contrôlée font de ce deuxième album des Beastie Boys l’équivalent rap du Sergent Pepper des Beatles. »
(José Guerreiro, journaliste)
Ecoute conseillée : Sounds of a science (sample de Sgt Pepper ; et contient beaucoup de cuts)

De La Soul : 3 feet high and rising (1989, Tommy Boy)

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Un peu le jumeau de Paul’s boutique, cet album plutôt festif réintroduit une certaine légèreté dans le rap, avec un propos toujours fin et conscient, mais beaucoup d’ironie et de petits sketches intercalés entre les morceaux, comme chez les Beastie Boys, mais cette fois, c’est un groupe « noir », totalement intégré à la communauté hip-hop new-yorkaise. L’album est un immense collage constitué de 24 plages (nombre inhabituellement élevé à l’époque) allant de 40 secondes à 4 minutes. Ils mélangent aux influences soul et funk des samples venus de la pop et du rock, notamment des 60’s, avec une grande inventivité. Ils sensibilisent la communauté « noire » à ce type d’influence, de même que les Beastie Boys contribuent à diffuser le hip-hop dans la communauté « blanche »…
Ecoutes : Jenifa taught me : rythme, samples de vents redécoupés, breaks qui sont de vraies interruptions de la chanson, avec redémarrage dans une autre direction…
Transmitting live from Mars ! : titre amusant qui contient des samples de dialogues d’un cours de français.
Ecoute conseillée : The magic number, on y entend bien l’utilisation d’une boucle de vieux 45-tours au son 60’s avec ses craquements ; bien qu’elle soit en retrait de la batterie et des voix, cela suffit à créer instantanément une ambiance bien spéciale…
Leur influence sera importante y compris au-delà du public rap habituel.
http://fr.wikipedia.org/wiki/De_La_Soul

IAM : Ombre est lumière (1993)

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Exemple très intéressant d’un album de rap français novateur et riche dans sa construction, en grande partie grâce aux collages, aux télescopages de très nombreux samples venus d’horizons alors assez inédits : musique arabe, méditerranéenne, rock, dialogues de péplums, etc. Il se démarque totalement des clichés du rap américain et ouvre une voie neuve (que le groupe lui-même ne va malheureusement pas trop approfondir par la suite).
Ecoute : J’aurais pu croire ; Le 7 ; Attentat II / IAM

Comparaison avec MC Solaar à la même époque : exemple de belle boucle, reprise presque telle quelle, donc à priori dans une démarche de facilité, mais néanmoins justifiable car au service d’un propos :
Western moderne / MC Solaar ( sur Prose combat, 1994),
utilisant un sample de Bonnie & Clyde / Serge Gainsbourg (sur Initials B.B., 1968).
A comparer avec le mixage de Christian Marclay, qu’on peut trouver au choix beaucoup plus inventif, ou moins « carré », efficace…

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On retrouve cette même boucle utilisée par des américains en 2006 (soit 12 ans plus tard), mais mixée à d’autres samples : Seven L & Esoteric : Everywhere (Ecoute) (album A new dope). Ils peuvent se le permettre car Gainsbourg est encore relativement peu connu aux USA ; en France, ce serait archi éventé, surtout après le tube d’MC Solaar. Cela montre comment les samples peuvent voyager dans le temps et l’espace (tout comme les compositions depuis toujours) avec des réappropriations différentes…

Pour en revenir à l’album d’IAM, on peut y repérer que beaucoup de techniques ont été « digérées » et sont devenues des outils habituels de composition : dialogues de films, sources sonores d’horizons variés, bruitages, mixage équilibré entre sons électroniques et samples, à la couleur plus « naturelle ».

Depuis quelques années, on emploie beaucoup le terme de musique organique (qualité par exemple attribuée à Amon Tobin, mais aussi bien à la scène down-tempo – musique beaucoup plus zen), ce qui semble correspondre à une volonté de briser le coté par trop mécanique des boîtes à rythmes et de la composition électronique ou informatique en général.

D’où l’introduction de plus d’accidents dans le hip-hop moderne, par exemple dans l’album de MF Doom (Mm.. food, 2004), ou bien dès l’introduction de l’album de son comparse Madvillain (Mad villainy, StoneThrow, 2004) : The Illest Villains est un brouhaha sonore assez dense sur un rythme peu linéaire. Par rapport aux rap de 1985, c’est de la science-fiction ! Ce qui aurait été considéré comme de la musique purement expérimentale il y a 20 ans est aujourd’hui assez largement diffusé et accepté par le grand public.

Ecoute : Accordion / Madvillain : titre entièrement basé sur un sample d’accordéon : chose quasi-impensable dans le rap le plus répandu il y a encore 10 ans (voir Snoop Dog et tout le « revival » funk/r‘n’b). Autre producteur réputé, Timbaland est dans cette même démarche avec un titre étonnant comme Get ur freak on de Missy Elliott (sur Miss E… so addictive, 2001) basé sur des samples de musique indienne.

Sorti en 2006, The Mouse and the mask est une collaboration entre MF Doom et Danger Mouse L’un vient complètement du hip-hop et a travaillé avec Madvillain, l’autre est plutôt producteur et travaille avec Damon Albarn (ex-chanteur de Blur) au sein de Gorillaz, projet pop/electro qui a rencontré un grand succès, puis joue dans les Gnarls Barkley.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Danger_Mouse



—  Electro / Musiques électroniques (house, techno, trip-hop, drum & bass…)



- House music :

En Angleterre la house music apparaît vers 1987/88. Elle descend en bonne partie des musiques new-wave qui étaient le plus conçues pour la danse (dance music) et véhiculées par des groupes post-punk comme New Order ou Depeche Mode.
C’est d’abord une musique essentiellement électronique, à base de sons synthétisés, puis elle connaît la même évolution que le hip-hop, avec la possibilité d’échantillonner des sons, d’abord très peu, puis de plus en plus longtemps et facilement (au fur à mesure que les capacités de stockage informatique augmentent).

Comparons l’utilisation des samples dans la house, sur l’utilisation des voix. En 1988, au début de la vague house, les samples sont courts et le son est pauvre, c’est un peu un gadget qu’on entend ici et là, dans beaucoup de musiques commerciales (jingles, publicités…) : un cri, un aboiement, un sifflet…
Ecoute : Can you party / Royal House (1988) (sur la compilation Classic House 3)
+ Ecoute recommandée : Pump up the volume, par M/A/R/R/S, le 1er gros tube house…
Plus tard, le travail sur les boucles de voix humaines devient beaucoup plus raffiné, car les progrès techniques des samplers vont le permettre :
Ecoute : The Audience / Herbert (extrait de Bodily functions , 2001)

Interview de Herbert, en 1998, pas très objective mais passionnée, sur le site d’un amateur de techno : http://jeannoel.roueste.free.fr/techno/interviews/herbert/herbert.html

Ce musicien est encore assimilé à la scène house en 1998, avec son album Around the house, (cf. Modulations, p. 116) tandis qu’on le retrouve aujourd’hui (2007) sous l’appellation d‘électro arty, sur un site dédié au trip-hop : http://www.trip-hop.net/groupe-221-herbert.html
(cette évolution des étiquettes est d’ailleurs assez révélatrice de l’évolution des styles musicaux electro eux-mêmes).

Énorme évolution technologique, donc, dans l’échantillonnage de sons entre les années 80 et 90, (parallèle au boom général de l’informatique).

Mais le son « cheap » des premiers samplers possède cependant une couleur originale, car n’étant pas l’enregistrement fidèle d’un son acoustique. C’était en quelque sorte un traitement du son, un effet réalisé par obligation. Il existe aujourd’hui une forte tendance (tentation ?) dans la musique la plus commerciale à utiliser les sons tels quels, boucles musicales originales resservies intégralement, sans modifications ni même un changement de contexte… (voir l’exemple plus haut avec le rap d’MC Solaar samplant Gainsbourg).



- Abstract hip-hop

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abstract_hip-hop

La compilation Headz sortie en 1994 marque l’avènement du label anglais Mo wax et de ce style musical, à mi-chemin entre hip-hop et scène electro, avec des artistes comme DJ Shadow, Nightmares On Wax ou Howie B… Une musique instrumentale, revenant a des ambiances se voulant plus éthérées, subtiles, lyriques… Elle séduit aussi bien les amateurs de hip-hop novateur que le public du rock indé ou de la musique électronique.
http://www.newforms.net/fr/mo_wax/headz.shtml

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DJ Shadow : Issu de ce courant, son disque Endtroducing… (1996) a un impact très large, il est une référence pour beaucoup de musiciens aujourd’hui. Style assez épuré, ambiances assez cinématographiques, à fort pouvoir d’évocation.
Ecoute : Building steam with a grain of salt / DJ Shadow
http://fr.wikipedia.org/wiki/DJ_Shadow http://www.newforms.net/fr/dj_shadow/endtroducing.shtml

DJ Krush : Ce japonais sort un premier album remarqué, Krush (1994) puis est signé sur Mo Wax, pour de nombreux disques : http://fr.wikipedia.org/wiki/DJ_Krush

-Trip-hop
« Le trip-hop est une musique hybride issue de nombreuses influences musicales, qui produit des ambiances sophistiquées et des rythmes plutôt calmes... La base musicale électronique est généralement agrémentée d’instruments acoustiques, voire même d’ensembles classiques (violons, cuivres...), et parsemée d’extraits sonores (les "samples") glanés dans des compositions pré-existantes. »
(Trip-hop.net)

Principaux groupes à l’origine (Angleterre) : Massive Attack, Portishead, Tricky.

Portishead  : L’album Dummy (1994) est un petit séisme lors de sa sortie, forme la plus aboutie d’un style nouveau, dédié plus à l’écoute et au vague à l’âme qu’à la danse, mais complètement marqué par la culture hip-hop dans sa conception. Avec Massive Attack, Portishead contribue à jeter un pont entre hip-hop et songwritting pop, en partie grâce à la chanteuse Beth Gibbons…
Ecoute : Sour times (sample de Schiffrin) ; Strangers On y sent bien la fusion des styles…
Chronique (dithyrambique !) sur le site français Trip-hop.net (entièrement consacré au genre) :
http://www.trip-hop.net/album-299-portishead-dummy-go-beat.html

On trouve dans cette veine des groupes français influencés eux aussi par l’univers des musiques de film et le jazz, les sons des années 60/70… comme les Troublemakers. Ecoute recommandée de Street preacher (sur l’album Doubts & Convictions, 2001) : dialogue de film, rythme et base groove avec percussions afro + nappes de guitares et de claviers, beaucoup d’écho, son très spatial, breaks de guitare flamenco, puis cuivres free-jazz, etc. C’est un mélange de samples et d’instruments joués. Esprit assez proche chez le groupe The Cinematic Orchestra

Le français DJ Cam se définit plutôt comme hip-hop, mais son album Substances (1996) répond assez bien à la définition du trip-hop citée ci-dessus. Beaucoup de jazz, de piano, de contrebasse, de musiques du monde, orientale / indienne. Un collage d’extraits de jazz, Essence, est disséminé sur tout l’album, en six parties.
Ecoute recommandée de Innervisions (boucle jazz + rythmes assez groove + harpe…)



- Jungle / Drum & Bass :

Style qui vient de la techno (raves partie) mais aussi du hip-hop et du reggae / ragamuffin. Article très complet sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Drum_and_bass )

Selon le livre Modulations (p. 182) l’échantillonneur Akai S1000 est LA machine qui a permis de créer ce style, ni plus ni moins, de par ses nouvelles spécificités techniques (time-stretching…) permettant entre autre de changer le tempo des boucles sans en modifier la tonalité et vis versa. Au-delà de ses figures historiques comme Goldie ou Ronie Size, ce style héberge quelques musiciens particulièrement doués et novateurs :
Squarepusher : on peut le rattacher à la drum & bass bien qu’il déborde assez des frontières du style (electronica, jazz, reggae, abstract hip-hop…). C’est l’un des fleurons du label Warp.
Ecoute : Boneville occident / Squarepusher (sur Go plastic, 2001) : c’est un bon exemple des possibilités d’explorations nées du style jungle.

« Squarepusher a démontré tout au long de sa discographie pléthorique une capacité à assimiler des genres aussi pointus que le jazz ou la musique concrète. C’est l’un des artistes les plus reconnus et influents de la musique électronique. Clamant plus d’affinités avec le jazz qu’avec la jungle et défendant une approche libre et personnelle de la musique, il distille une drum’n’bass expérimentale et énergique s’acquittant de tous les clichés qui pourraient enfermer la musique dans des catégories hermétiques les unes aux autres. Il décrit cette rencontre d’univers musicaux différents comme sa principale source d’inspiration. »
(Wikipédia)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Squarepusher

Le label Ninja Tune : (Amon Tobin, Coldcut, DJ Food,
Kid Koala, The Cinematic Orchestra…)

Coldcut : nait de la rencontre d’un professeur d’art et un informaticien, au milieu des années 80, en Angleterre. Après de nombreuses soirées et émissions radio pirates, ils sortent un premier album en 1990, What’s That Noise. Influencés par la culture asiatique, ils créent leur propre label : Ninja Tune, qui devient la plus grosse structure indépendante de musique électronique avec Warp. Leur musique est difficile à classer, quelque part entre big-beat, techno et hip-hop. C’est un bric-à-brac de bruits électroniques sur un beat décalé, mixé, filtré, découpé et malaxé en tous sens. Let us play est leur album le plus connu, avec le tube More Beats And Pieces , qui explose les limites du hip-hop brouillon, véritable usine à scratches délirants qui reste leur morceau le plus emblématique.
Ecoute : More Beats And Pieces / Coldcut (sur Let us play,1997)
A voir : les clips du groupe, sur le CD bonus, collages sonores et visuels remarquables.
http://www.coldcut.net/coldcut/

Amon Tobin : on peut en partie le rattacher au courant Jungle / Drum & Bass.
Originaire du Brésil il s’installe en Angleterre. Ninja Tune, l’y découvre à la fin des années 90. Une fois signé, il sort sous son vrai nom plusieurs albums mélangeant avec brio jungle, electronica, hip hop, drum’n’bass, groove, jazz, samba et musique classique, de l’envoûtant Bricolage (1997) à Supermodified (2000) en passant par Permutation (1998). Il renouvelle sans cesse sa musique : son album Out From Out Where, sorti en 2002, fait sensation et reste un disque marquant dans l’histoire des musiques électroniques. En 2005, il compose aussi une bande originale de jeu vidéo : Splinter Cell : Chaos Theory, qui témoigne de son goût pour la science-fiction (voir son site internet) :
http://www.amontobin.com ; www.myspace.com/tobinamon
Ecoute : Searchers / Amon Tobin (sur Out From Out Where, 2002).

Interview (extrait) sur Routard.com, le site du Guide du routard, en février 2005 :

« - Écoutez-vous des musiques du monde ?

Oui, ce que j’aime, c’est chercher des points communs entre différents sons d’instrument. Je trouve par exemple des similarités entre la guitare slide du sud profond des États-Unis et le sitar indien, entre les percussions d’Afrique et celles des îles du Pacifique. J’aime mixer ces sons.

N’êtes-vous pas frustré de ne pas jouer d’un instrument ?

En fait, j’en joue, mais pour moi. Pour créer ma musique, j’ai fait le choix de passer par l’enregistrement de sons et l’utilisation d’échantillons prélevés sur des disques. Mon travail consiste à manipuler ces éléments. Ne pas se contenter de produire des lignes de basse, mais créer quelque chose de nouveau, c’est à cela que doivent servir les outils dont ma génération dispose… »
http://www.routard.com/mag_invite/id_inv/210/amon_tobin.htm

3 labels anglais essentiels dans les années 90
Ninja Tune : Amon Tobin ; Bonobo ; Coldcut ; DJ Food ; DJ Vadim ; Funki Porcini ; Kid Koala ; Roots Manuva ; The Cinematic Orchestra ; The Herbaliser…
Warp : Anti-Pop Consortium ; Aphex Twin ; Autechre ; Boards of Canada ; Broadcast ; Luke Vibert ; Squarepusher ; Tortoise ; Two Lone Swordsmen…
Mo Wax : DJ Krush ; DJ Shadow ; Dr. Octagon ; Money Mark ; Unkle…

Incontournables également dans la la scène electro et utilisant beaucoup le sampling :

Moby : son album Play (sorti en 1999, énorme succès international) utilise de nombreux samples de voix tirées de la tradition américaine, de vieux enregistrements blues, gospel… Succès immense : c’est la première fois que tous les morceaux d’un album (18 !) seront utilisés pour des spots publicitaires…

Fat Boy Slim : le chantre du style Big Beat : un mélange plutôt festif de techno, de rock et de hip hop. DJ britannique, Norman Cook joue dans des clubs dès le début des années 80. Après diverses expériences musicales en groupe (bassiste des Housemartins), devenu Fat Boy Slim, il signe de nombreux remixes pour des artistes en vogue. Avec l’album You’ve Come A Long Way, Baby sorti en 1998, il s’impose définitivement sur la scène électro internationale, comme le chef de file du style big beat, avec ses tubes The Rockafeller Skank ; ou encore Right Here, Right Now http://www.myspace.com/fatboyslim

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4- Dissémination dans la musique pop

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Beck : Odelay. Beck est un musicien américain né en 1970. Adepte du bidouillage et des mélanges peu probables dans des styles aussi variés que le blues, la country, le funk, la bossa ou le rap, il innove à chaque nouvel album. En 1994, il connaît avec la chanson Loser son premier succès mondial. En 1996, il sort Odelay, où l’on retrouve les Dust Brothers (Beastie Boys) à la production. Toujours groovy (dansant), mais plus influencé par le rock des 60’s et incluant de nombreux samples, ce disque confirme son talent (plusieurs tubes : Devils Haircut ; Where it’s at ?  ; ...). Le dos de la pochette est une peinture-collage de son grand-père (Al Hansen), un peintre qui faisait partie du mouvement artistique Fluxus, dans les années 60, en prise directe avec le dadaïsme et le surréalisme…

Ecoute : Jack Ass / Beck. + le sample original par Them (It’s all over now, baby blue)
+ 3 versions alternatives / remix de
Jack Ass ( Buro ; Strange invitation. ..)

Le titre emprunte un sample du groupe Them, (rhythm & blues 60’s anglais) mais l’écoute du maxi en CD avec un remix + 2 versions totalement réarrangées montre que le sample initial n’est qu’un outil au service de la composition, qui existe bien par elle-même, avec son texte et sa mélodie de chant posée sur une harmonie, basée sur 2 accords (une alternance simple de type Mi / La).
http://www.beck.com/ ; http://www.myspace.com/beck

Deux autres exemples intéressants aux Etats-Unis :

Soul Coughing : groupe rock de New York, très influencé par le jazz (Sugar Free Jazz), le hip-hop mais aussi la musique électronique. Musique très originale qui a pour base un groove créé par la basse et la batterie, puis, dessus, de la guitare et surtout des samples, qui donnent une ambiance particulière à chaque chanson. On peut y trouver des extraits des Andrews Sisters, de Howlin’ Wolf ou de Toots and the Maytals. Les paroles sont assez surréalistes, parfois sombres mais avec souvent beaucoup d’humour. Très bon premier album, Ruby Vroom (1994) salué par la critique :
Ecoute : Bus to beelzebub ; Ecoute conseillée : Screenwriter’s blues (très beau)

Tipsy : Groupe de San Francisco. Uh-Oh est leur 2ème album. Le duo est également réputé pour ses remixes, par exemple pour Pulp. Tipsy pratique une musique aux collages les plus inattendus, un xylophone qui côtoie une trompette, accompagnés de sons sortis d’une borne de jeu vidéo ! Résultat surprenant, une musique électronique exotique et farceuse !
Ecoute conseillée : Hey ! http://tipsy.org/ ; http://myspace.com/tipsytheband

Autres exemples, à travers le monde : Cornelius, artiste japonais, très célèbre là-bas.
Album Count five or six (sur Fantasma, 1996) : http://www.xsilence.net/disque-2119.htm
Ou encore les Australiens The Avalanches (Since I letf you, 2000) utilisant des milliers de samples (ce qui leur a posé des problèmes juridiques…).
http://www.lesinrocks.com/DetailArtiste.cfm?iditem=92851&idheading1=2


- Bastard pop / Mashup / Bootleg :

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Le concept s’est forgé ces cinq dernières années. Il s’agit du mélange de deux titres –ou parfois plus... Mais au-delà du mixage, ils peuvent carrément se superposer, cela grâce aux nouvelles possibilités techniques, comme le time-stretching (déjà cité), les alignements automatiques entre deux tempos différents ou encore le fait de pouvoir gommer certaines fréquences de sons, pour effacer les voix d’une chanson, par exemple… Ce style traduit donc une nouvelle avancée technologique : on peut maintenant mixer tout avec n’importe quoi, ce qui était jusqu’alors très complexe (par exemple, le mix de deux samples de tempos et de tonalités différentes).
Article très complet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mashup_%28musique%29
Et pour bien comprendre la différence avec le remix : http://fr.wikipedia.org/wiki/Remix

2 Many DJ’s :
As Heard on Radio Soulwax part 2. Cet album est un mix / collage géant, où s’enchaînent et se superposent des dizaines de titres.
Ecoute : Stooges (No fun) + Salt ‘n Pepa / 2 Many DJ’s

A rapprocher de ce que fait en France DJ Zebra, sur Radio Nova (disques encore difficilement trouvables dans la grande distribution, mais accès facile sur Internet :
http://djzebra.free.fr/

Dans le même esprit, il faut signaler le Grey album , de Danger Mouse (musicien évoqué plus haut) qui est un mélange (ou mashup) de deux disques célèbres : le « White album » des Beatles et le Black album du rappeur Jay-Z. Sorti en 2004, il est immédiatement interdit pour des questions de droits, mais a suscité un vif intérêt.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Danger_Mouse


- Musique expérimentale :

En marge de la pop, des courants plus expérimentaux continuent à se développer depuis les années 60 (et le krautrock, le minimalisme, etc.) et à interagir avec les musiques plus commerciales…

On peut citer la scène du turntablism (vue plus haut) ou encore, par exemple, John Oswald  :
Ecoute :
Angle / John Oswald, sur l’album Discosphere (1991)

Ce morceau est très fragmenté, mais il a pourtant réussi à conserver un vrai groove dans ce qu’on entrevoit être la source initiale (cuivres funk/soul). Résultat étonnant…

En Angleterre, le batteur-chanteur de This Heat, Charles Hayward, continue dans la voie tracée par son ancien groupe, par exemple sur l’album Tribute to Mark Rothko (1989). Les techniques sonores ont évolué (échantillonnage) mais la filiation avec un groupe de krautrock comme Faust reste bien présente dans l’intention.

Les Invisibles : un exemple de bande originale de film française. Au-delà de l’intrigue romantique un peu convenue, un film qui offre une réflexion intéressante sur les sons, et donne lieu à une BO originale recyclant des dialogues et des sons du film, par Noel Akchoté, une figure de la jeune scène européenne des musiques improvisées.


Et « aujourd’hui en France » ?

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Dans l’électro et le rap, mais aussi le rock et la chanson, on retrouve cette utilisation des collages, qui s’est disséminée un petit peu partout. On a déjà cité à propos du trip-hop des groupes comme les Toublemakers et The Cinematic Orchestra

Parmi une scène electro très vaste, on peut citer aussi Sporto Kantes : Act.1 (2000). Duo avec l’ex-bassiste du groupe rock Les Wampas (comme quoi il existe des passerelles entre les styles). Très bon disque electro utilisant beaucoup de samples, assez variés, de reggae, world, rock, sur une base assez groove (comme c’est souvent le cas)…

Et, plus à mi-chemin entre musiques électroniques et hip-hop : Birdy Nam Nam (le nom est un clin d’œil au film 60’s culte The Party de Blake Edwards). Collectif réunissant quatre des plus grands DJ français, champions des compétitions de turntablism. Certains ont déjà joué en groupe, comme Crazy B pour Alliance Ethnik, et DJ Pone avec les Svinkels. Il a fallu un an de travail pour constituer les morceaux de l’album, en utilisant uniquement quatre platines, pour inventer et mélanger rythmes, mélodies et styles musicaux. Réunissant leur goût pour toutes les musiques, hip-hop, mais aussi jazz, musique de films, electro, dub et même rock, ils font preuve d’une inventivité et d’un humour bienvenus dans ce qui aurait pu tourner à la démonstration vaine et creuse. Mais c’est surtout en live que cette équipe donne le meilleur d’elle-même (longue tournée qui s’est conclue par un concert impressionnant aux Transmusicales de Rennes). Voir le DVD bonus. www.birdynamnam.com

Et à propos de Peter Sellers et des références à The Party, on peut citer Kid Chocolat (Suisse !) : Hello Children, the Peter Sellers RMX (Poor Rds, 2004) : des artistes sont invités à remixer l’album entier d’un musicien (avec parfois plusieurs mix d’1 même titre…).
http://www.kidchocolat.ch/

Dans un domaine plus proche de la pop, voir de la chanson française :

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Etienne Charry, ex-chanteur du groupe Oui Oui au début des 90’s, avec Michel Gondry, qui deviendra un célèbre réalisateur de clips (Bjork, White Stripes…) et cinéaste (La Science des rêves…) et chez qui on retrouve en images ce même univers à la fois onirique et de tout-bricolage.

36 erreurs  : tout l’album est un immense collage / bricolage de tableaux très variés, 36 plages plus ou moins courtes, dialogues de films, chanteurs invités… La pochette elle-même est un collage bigarré d’emballages de produits commerciaux. On y trouve un hit-parade reconstitué, avec sept chansons courtes, applaudissements et jingles, des thèmes récurrents : N° 3 : Un petit pas pour l’homme, N° 30… Un grand bond pour l’humanité ! L’un des disques rock-pop les plus originaux jamais produits en France (en 1999, sur Tricatel, le label de Bertrand Burgalat).
Ecoute : Sergent crado (référence à Sgt Pepper) ; Opéritif ; La bonne étoile ; Camping-gaz (= 3 titres très courts enchaînés).

Aube radieuse, serpent en flammes (Tricatel, 2001) : Lettre anonyme  : un pur collage de paroles sans musique, très drôle et inventif, dans un esprit très surréaliste (cadavres exquis). Le dernier titre, Grand luminaire est un long collage (12 minutes) sans construction formelle précise, de musiques et de sons plutôt étranges… Même idée que dans le Paul’s boutique des Beastie Boys, mais dans un registre différent.
On peut faire un parallèle entre eux et lui : vastes puzzles humoristiques d’influences diverses, avec clins d’œil aux Beatles (samples de Sgt Pepper et long collage final, qui rappelle également celui d’Abbey Road).

Autres exemples d’utilisation de collages, de-ci de-là :

Ignatus : Cœur de bœuf dans un corps de nouilles (2004). On y trouve de nombreux samples, utilisés de façon très ludique, sur disques comme en concert, où ce chanteur les déclenche par exemple en tapotant les poches de sa veste équipées de capteurs, ou en tapant sur des têtes de marionnettes…

Holden : Groupe pop qui utilise parfois des samples, déclenchés à l’aide d’un clavier, l’utilisation est la même qu’avec un orgue ou un synthétiseur ; cela rajoute simplement plus de possibilités sonores.
Ecoute : La colère / Holden (sur L’Arrière-monde, 1998) boucle dès l’intro, sans doute issue à l’origine d’un accordéon ou d’un orgue à vent…

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Depuis quelques années, l’apparition de la pédale d’effet sampler permet à un musicien seul d’enregistrer instantanément une boucle de guitare rythmique, puis de jouer autre chose par dessus, avec le même instrument. Par exemple, la nouvelle pédale d’effet Boss : Loop Station RC-2. Conçue (à la base) pour la guitare, elle permet d’échantillonner et de boucler jusqu’à 16 minutes de son, qu’on peut répartir sur 11 mémoires différentes. C’est beaucoup ! Cette instantanéité du procédé était totalement impensable jusqu’aux années 90, et ce qui nécessitait de grosses machines tient maintenant dans une petite pédale de 10 centimètre.. Cela ouvre donc encore de nouveaux horizons…

Pour les plus connus, Anaïs ou Dominique A l’on popularisé ces derniers temps. Voir la vidéo de Dominique A En solo aux Bouffes du Nord et écouter l’album d’Anaïs : The Cheap show (2005).

Dans la scène rap française assez récente et plutôt underground, on retrouve pas mal d’utilisations assez drôles et originales de samples, plus ou moins fréquentes : chez Saïan Supa Crew, Mr R, Stupeflip, Le Klub des loosers, Rocé… Le rap le plus commercial et le plus conservateur (pas forcément les mêmes) restants globalement moins inventifs, souvent sous forte influence américaine (funk, r’n’b...).

Rodolphe Burger et Olivier Cadiot : Welche (Ici d’ailleurs, 2000)
Une expérience originale menée par un musicien et un écrivain. Il s’agit quasiment d’un travail de collectage sur le terrain, dans une vallée alsacienne où quelques centaines de personnes sont les dernières à parler une langue en voie de disparition, le welche.

Ecoute : C’est dans la vallée ; Tante Elizabeth / Rodolphe Burger et Olivier Cadiot

D’abord une voix + musique jouée dessus. Ensuite (2e titre) une voix + le rythme qui est lui même tiré de l’enregistrement d’un bruit de travail (jardinage ou tache ménagère ?...) + de la guitare… Page Internet du label Ici d’Ailleurs présentant ce disque :
http://www.icidailleurs.com/artistes/burger-cadiot.htm

à écouter aussi : Hôtel Robinson (Dernière Bande, 2002) même principe, appliqué sur l’Ile de Batz, en Bretagne.
Toujours en lien avec le traitement de la parole, apparition du remix politique , « épiphénomène » pour l’instant, mais bien réel : http://fr.wikipedia.org/wiki/Remix_politique

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Polémix & La Voix Off : http://blog-art.com/polemixetlavoixoff/
Comme par hasard, ils viennent de la radio (Radio Béton, à Tours) et leur travail à évolué de l’émission radio jusqu’au concert en passant par Internet et le disque (la pochette du CD autoproduit ci-contre est elle-même un collage photographique).

Le WUMP : http://wu-m-p.org/ : projet dans un esprit assez proche, à Paris, mélangeant hip-hop et extraits de discours politiques…

Il faut d’ailleurs rappeler l’importance croissante d’Internet : de nombreux phénomènes musicaux ne sont plus entièrement (voir plus du tout) appréhendables par le seul support du disque (ni du DVD) et cela pose beaucoup de questions, y compris aux discothécaires…

(Des sons et des interviews du Wump, de Polémix et La Voix Off sont disponibles sur davduf.net, note de l’éditeur)

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Perspectives

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Aujourd’hui, le collage, par le biais des échantillonneurs / samplers, est devenu un outil usuel dans la production de musique, aussi bien savante et expérimentale que commerciale et grand public. Dans le rap et r’n’b actuel, on peut trouver au milieu de choses très convenues des fulgurances, des couleurs sonores inhabituelles inenvisageables il y a vingt ans mais qui obtiennent aujourd’hui un fort succès populaire (cf. l’exemple de Get ur freak on de Missy Elliott, produit par Timbaland).
« Timbaland a fabriqué, au fil des ans, un son qui a profondément transformé l’univers de la pop et du hip-hop : bruits futuristes, refrains joués à l’envers, sifflets, tablas, échantillonnage de gouttes d’eau, le tout, couché sur d’agressives lignes de basse. »
(Cyberpresse.ca - mars 2007)
http://www.cyberpresse.ca/article/20070331/CPARTS/703310742/5756/CPARTS

Dans le documentaire Universal techno (de Dominique Deluze) quelqu’un dit qu’au delà du coté fonctionnel de la danse, la techno a permis de faire assimiler à un large public tout un univers sonore auquel elle était auparavant imperméable. Il en va de même avec le hip-hop, et dans la foulée, ces évolutions ont été intégrées assez largement dans la culture rock, voir même dans la pop musique au sens le plus large (voir à ce sujet la forte capacité d’influence de la publicité).

Le collage, c’est la possibilité du mélange, et c’est aussi la création d’accidents, par une façon non lisse de mélanger des éléments, des influences différentes… dans ce sens là, on peut parler d’une éthique du collage.

Selon Bill Laswell (bassiste et compositeur important, à la croisée de nombreux styles musicaux) « le travail de montage est tout aussi fondamental [aujourd’hui (techno, hip-hop) que] dans les morceaux de musique qu’on trouvait dans les bacs des disquaires des années 70. Nous ne le savions pas à l’époque, nous pensions que c’était ainsi que les gens jouaient de la musique […] mais tout est en fait question de manipulation ».
(Modulations, p. 119)

La musique enregistrée est donc en bonne partie affaire de collages, aujourd’hui (logiciels de musique ou mix sur platines) comme hier (montages sur bandes magnétiques). On aurait pu citer aussi le travail de montage en studio de Miles Davis et de son producteur Teo Macero (cf. un court entretien passionnant dans Modulations, p.75) et bien d’autres exemples encore…

++++ A lire - Bibliographie :

L’Art des bruits : manifeste futuriste : 1913 / Luigi Russolo (Allia, 2003) 783 RUS
Ouvrage court et ludique, dans lequel un peintre et musicien tente de
révolutionner l’approche de la musique. John Cage ou Pierre Henry
lui ont notamment rendu hommage.

DJ Culture
/ Ulf Poschardt (Kargo, 2002). Edition allemande en 1997 784 POS
S’attache à définir l’essence du DJ (disc-jockey) dans la musique,
des années 50 à aujourd’hui.

Can’t stop, won’t stop : une histoire de la génération hip-hop / Jeff Chang 782 CHA
(Allia, 2004). Ouvrage rédigé par un journaliste américain spécialiste du rap ;
une somme, comme souvent chez Allia…

Home studio pour les nuls / Jeff Strong (First Interactive, 2005) 780.5 STR
Manuel pratique pour ceux qui souhaitent passer à l’action !
Nombreuses descriptions de logiciels de M.A.O. et de leurs fonctionnalités
(échantillonnage, mixage, etc.)

Modulations : une histoire de la musique électronique (Allia, 2004) 784 MOD
Ouvrage collectif. Édition anglaise parue en 2000. Contient beaucoup
d’éléments sur les techniques de collage (cité à de nombreuses reprises).
Index très riches : par musiciens, titres, genres, matériel, etc…

La Musique du XXe siècle / Jean-Noël Weid (Hachette, 1997) 780 WEI
Présente tous les courants et les clivages de la musique classique moderne
et contemporaine.

Pierre Henry / Michel Chion. (Fayard, 2003) 783 HEN
Retrace la carrière de ce compositeur français contemporain.

Yo ! Révolution rap / David Dufresne (Ramsay, 1991)
Le premier (et excellent) livre français sur le rap, épuisé mais mis intégralement à disposition sur Internet par son auteur : http://www.davduf.net/article.php3?id_article=49

++++ A voir - Vidéos :

Universal techno / film de Dominique Deluze (1996) V 4 DEL 30

Scratch : le sillon de la culture hip hop
/ film de Doug Pray V 290 PRA

Les Invisibles
/ film de Thierry Jousse (2005) V JOU
(Espace Adultes)

Dominique A En solo aux Bouffes du Nord (2004) V 099.8 A

Public Enemy
Live from House of Blues : U.S. poison tour V 290 PUB

+ voir les DVD bonus accompagnants les CD de Coldcut et de Birdy Nam Nam.

++++

A écouter - Discographie :

Musique contemporaine

Anthologie Archives du GRM 307 A

Anthologie Electro Acoustic Music From Sweden (1988) 307 ELE
Contient Mr. Smith in Rhodesia / Ake Hodell (1970)

Anthologie OHM : The early gurus of electronic music : 1948-1980 6 A
Contient Williams mix / John Cage (1952)

Henry, Pierre Messe pour le temps présent (1968) 3 HEN 28
et Colombier, Michel

Ives, Charles New England Holidays / Michael Gielen, dir. (1973) 3 IVE 24
Contient Washington’s birthday (1913). (En réserve)

Reich, Steve Different trains / David Robertson, dir. (2000) 3 REI 21

Schaeffer, Pierre L’œuvre musicale 3 SCH 10

Krautrock, new-wave et musiques expérimentales

Anthologie Turntable solos (1999) 6 A

Cabaret Voltaire The Voice of America (1980) 2 CAB 70

Can Tago-mago (1971) 2 CAN 40

Faust The Faust tapes (1973) 2 FAU 40

Hayward, Charles A Tribute to Mark Rothko (1989) 6 HAY

Marclay, Christian More Encores (1988) 6 MAR

Oswald, John Discosphere (1991) 6 OSW

Residents Meet the Residents (1973) 2 RES 70

Talking Heads Remain in light (1980) 2 TAL 70

This Heat Deceit (1982) 2 THI 70

Dub

Anthologie Studio One rockers (2001) 291 A
Contient Skylarking (Horace Andy) et sa version dub (Prince Jazzbo)
Anthologie Trojan dub box set (1998) 291 A
Trojan dub box set, vol. 2 (2000)

Anthologie X-ray music : a Blood & Fire dub directory (1999) 291 A

Andy, Horace In the light ; In the light dub (1977) 291 AND

Basement Five 1965 - 1980 ; Basement 5 in dub (1980) 291 BAS

Perry, Lee Upsetters : 14 dub blackboard jungle (1973) 291 PER

King Tubby Dub like dirt : 1975 – 1977 291 KIN

Hip-hop / rap

Anthologie Old School : naissance de la nation rap (1994) 290 A
Contient tous les grands classiques des débuts du rap US

Anthologie Tommy Boy’s greatest beats : 1981 – 1996 209 A
En 4 volumes distincts. Le vol. 1 contient Planet rock

Beastie Boys Paul’s boutique (1989) 290 BEA

Danger Doom The mouse and the mask (2005) 290 DAN

De La Soul 3 feet high and rising (1989) 290 DEL
De La Soul is dead (1991)

Madvillain Madvillainy (2004) 290 MAD

Missy Elliott Miss E… so addictive, 2001) 290 ELL

Public Enemy Fear of a black planet (1990) 290 PUB
Apocalypse 91… the enemy strikes black (1991)

Seven L & Esoteric A new dope (2006) 290 SEV
Everywhere utilise un sample de Gainsbourg : Bonny and Clyde

Rap français

IAM Ombre est lumière (1993) 099.8 IAM

Klub des Loosers Vive la vie (2004) 099.8 KLU

MC Solaar Prose combat (1993) 099.8 MCS
Nouveau Western utilise un sample de Gainsbourg : Bonnie and Clyde

Mr R Au commencement (1997) 099.8 MRR
R III utilise un sample de Vivaldi (En réserve)
Saïan Supa Crew KLR (1999) 099.8 SAI
Darkness utilise un sample de Dionne Warwick, très subtilement

Suprême NTM 1993… j’appuie sur la gâchette (1993) 099.8 SUP

Musiques électroniques (house, techno, trip-hop, drum & bass, big beat…)

Anthologie Headz : a soundtrack of experimental hip-hop jams (1994) 4 A 20
Compilation phare du label anglais Mo wax.

Anthologie Métamorphose : Messe pour le temps présent 4 A 00
Hommage de la scène electro à Pierre Henry.

Anthologie Reich remixed (1999) 4 REI 60
Hommage de la scène electro à Steve Reich.

2 Many DJ’s As Heard on Radio Soulwax part 2 (2002) 4 TWO 50

Amon Tobin Permutation (1998) 4 TOB 60
Supermodified (2000)
Out From Out Where (2002)
Foley Room (2007)

Birdy Nam Nam Birdy Nam Nam (2005) 4 BIR 20

Coldcut Let us play (1997) 4 COL 60

DJ Cam Substances (1996) 4 DJC 20

DJ Krush Krush (1995) 4 DJK 20

DJ Shadow Endtroducing… (1996) 4 DJS 20

Fat Boy Slim You’ve Come A Long Way, Baby (1998) 4 FAT 50

Herbert Around the house (1998)
Bodily functions (2001) 4 HER 40

Kid Chocolat : Hello Children, the Peter Sellers RMX (2004) 4 KID 20

M/A/R/R/S Pump up the volume
Titre présent sur la B.O. du film American Psycho 520 AME

Moby Play (1999) 4 MOB 50

Portishead Dummy (1994) 280 POR

Sporto Kantes : Act.1 (2000) 4 SPO 20

Squarepusher Go plastic (2001) 4 SQU 60

Tipsy Uh-Ho (2001) 4 TIP 20

Troublemakers Doubts & Convictions (2001) 4 TRO 20

Pop-rock

Anaïs The Cheap show (2005) 099.7 ANA

Avalanches, The Since I left you (2001) 4 AVA 50

Beck Mellow gold (1994) 2 BEC 60
Odelay (1996)

Beatles , The Revolver (1966) 2 BEA 00
Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967)
Abbey Road (1969)
Anthology vol. 1 (1995). Contient Free as a bird.
Love (2007)

Burger Rodolphe Welche (2000) 099.8 BUR
et Cadiot, Olivier

Charry, Etienne 36 erreurs (1999) 099.8 CHA
Aube radieuse, serpent en flammes (2001)

Clash, The Sandinista ! (1980) 2 CLA 60

Cornelius Fantasma (1998) 2 COR 60
(En réserve)

Gainsbourg, Serge Initials B.B. (1968) 099.7 GAI
Sample de Bonnie and Clyde utilisé par MC Solaar

Holden L’arrière-monde (1998) 099.8 HOL

Ignatus Coeur de boeuf dans un corps de nouille (2004) 099.7 IGN

Pink Floyd Ummagumma (1969) 2 PIN 00

Soul Coughing Ruby Vroom (1994) 2 SOU 60

Zappa, Frank We’re only in it for the money (1967) 2 ZAP 00
/ The Mothers Uncle meat (1969)

++++

Définitions / liens Internet :

boucle / loop : séquence musicale obtenue en bouclant un échantillon sur lui-même

break / breakbeat
 : utilisation d’extraits instrumentaux de chansons et par extension styles de musique qui utilisent ce type de rythmiques.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Breakbeat

collage (art) : technique consistant à marier des éléments hétérogènes en les collant ensemble.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Collage_%28art%29

cut up / cutting : découpage de textes (littérature) ou de sons (musique)…
sur les collages littéraires de Burroughs : http://www.6bears.com/cutup.html

DJ / disc jockey : celui qui sélectionne et passe des disques sur ses platines (vinyles ou CD). http://fr.wikipedia.org/wiki/Disc_jockey

échantillon / sample : extrait de musique ou un son réutilisé en dehors de son contexte afin de recréer une nouvelle composition. L’extrait peut être une note ou un motif musical.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sample

échantillonneur / sampler : appareil ou logiciel permettant de créer des échantillons sonores.

groove : sensation ou qualité, voir style musical qu’on peut rapprocher de la notion de swing en jazz. http://fr.wikipedia.org/wiki/Groove

hip-hop : mouvement culturel et artistique apparu aux États-Unis dans les années 1970 et dont les principales disciplines sont le rap, le graffiti, le deejaying, et la danse.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hip_hop

home studio
 : petit studio d’enregistrement sonore à caractère amateur ou semi-professionnel. Voir aussi : studio d’enregistrement.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Home_studio

mashup : (aussi appelé bootleg, ou bastard pop) : un genre musical hybride qui consiste à associer dans un même morceau deux ou plusieurs titres existants (souvent les parties vocales d’un morceau sur la musique d’un autre).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mashup_%28musique%29

musique assistée par ordinateur (MAO) : composition musicale avec l’outil informatique.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_assist%C3%A9e_par_ordinateur

pédale d’effet : appareil électronique pour modifier le son émis d’un instrument de musique amplifié.
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dale_d’effet

remix
 : version modifiée d’un morceau, réalisée en studio avec des techniques d’édition audio.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Remix

scratching : faire tourner à la main un disque sous une tête de lecture de platine vinyle, alternativement en avant et en arrière, de façon à produire un effet spécial.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Scratching

studio d’enregistrement : local équipé pour réaliser des enregistrements sonores ; par extension, l’appareil permettant d’enregistrer et de mixer le son (voir home studio). http://fr.wikipedia.org/wiki/Studio_d%27enregistrement

Retrouvez ce document en ligne sur le site de la Médiathèque de Vincennes
avec tous ses liens Internet actifs !
Sur : http://biblio.vincennes.fr (rubrique « 
A découvrir » puis «  Thémathèque » )

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P.-S.>

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Portfolio


Débats

7 Messages de forum

  • 20 juin 2007 12:19, par pierre jean varet

    Bonjour
    j’ai beaucoup apprécié votre article : Du collage dans la musique.
    Je voudrais vous demander l’autorisation de le reproduire sur le forum de l’art du collage, en citant bien sur l’auteur et lien vers votre site.
    Avec mes remerciements
    pierre jean varet
    http://www.artducollage.com
    http://forum.artducollage.com

    Répondre à ce message

  • 11 juillet 2007 23:14

    bonjour, désolé de répondre si tard ! c’est possible, oui (à quelques petites conditions sur les sources à citer...) me contacter, ou donner un contact, merci.

    Répondre à ce message

  • 13 octobre 2007 10:10, par le vieux thorax

    Un dossier spécial samples est paru dans le N° 221 de KR (Keyboards Recording ; juillet-aout 2007), un mensuel consacré à la technique du « home studio » et à la musique en général (rock, techno, pop...).
    Sur environ 12 pages, on y trouve toute l’histoire des sampleurs et des échantillons, depuis le début des années 80. C’est bien résumé et plus fiable techniquement que ce qu’on peut trouver dans le document ci-dessus !
    Contenus :
    Au gré des formats : Depuis 1986, où l’intrusion des sampleurs Akai a popularisé l’emploi des sons échantillonnés, les bibliothèques n’ont pas cessé de croitre... (2 p.)
    Et le son entra en banque : Des 1ers sampleurs de la fin des 70’s aux colossales banques de ce début de 21e siècle, l’échantillonage a révolutionné notre manière de produire un grnad nombre de styles musicaux. Tour d’horizon de 30 ans de sampling. (3 p.)
    Au coeur du développement : (interviews - 1 p.)
    Des échantillons sur mesure : Les échantillonneurs prennent de + en + d’importance dans nos home-studios. L’alternative à l’exploitation des banques de samples est la création d’échantillons, une opération abordable. (4 p.) etc...
    www.keyboardsrecording.fr

    Voir en ligne : www.keyboardsrecording.fr

    Répondre à ce message

  • 10 novembre 2007 00:08, par Giscardus Survivor

    Merci Vieux Thorax pour cette référence au numéro de Keyboards recording que je ne connaissais pas et que je vais essayer de retrouver !

    Répondre à ce message

  • 26 novembre 2007 15:05, par Sébastien

    Hello ! Bravo pour ce bel exposé. Toutefois, un aspect de la démarche n’a pas été abordé : celui des droits. En effet, la SDRM rechigne fermement a autoriser le pressage de disques faits intégralement de collages. Et pourtant, dans le domaine des arts plastiques, le fait d’associer sur le même support divers éléments découpés/déchirés/"volés" ne semblent poser aucun problème.
    Je pense que cette situation montre à quel point l’art du collage sonore a du mal à être reconnu.
    Serait-ce le début d’un combat ?

    Répondre à ce message

  • 2 décembre 2007 18:25, par le vieux thorax

    Bonjour et merci.
    En effet, c’est un problème, cette position de la SDRM. En même temps, ça n’a pas empêché la sortie de nombreux disques connus (DJ Shadow, Fat Boy Slim, etc...). Espérons que tout ça évoluera dans le bon sens.
    Parallèlement, l y a aussi un autre phénomène : de + en + de choses ne sortent plus en disque mais seulement en téléchargement, et là, la SACEM et la SDRM semblent être « hors-circuit » (pour l’instant en tout cas)...

    Répondre à ce message

  • 12 avril 2008 22:24, par Baptiste

    Bonjour Vieux Thorax, très bel article !
    Baptiste @ http://www.myspace.com/baptman

    Répondre à ce message

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