La Lettre volée [l’affaire des besitos]

Par arnaud viviant, 15 septembre 2007 | 3777 Lectures

On connaît le contexte, maintenant. Des médias sous contrôle, une opposition anéantie politiquement et médiatiquement, selon la bonne vieille technique des prébendes. Dans les rédactions, les actes de censure se multiplient. L’exécution en place de grève, c’est le moment de le dire, d’Alain Genestar, puis de quelques autres, a calmé les esprits, selon un récent sondage réalisé par téléphone, auprès de quelques amis de « mon » Opinion Way.

« Un petit clic vaut mieux qu’un grand choc » comme on disait autrefois pour promouvoir le port de la ceinture de sécurité. C’est probablement ce qu’a dû se dire Arnaud Lagardère, en maniant les ciseaux. Mais voilà, la photo où l’on voit le Président de la République sortir d’un Conseil des ministres, avec sous le bras une lettre où l’on peut lire « Des millions de besitos », formule que nul ne songe à attribuer à José Luis Rodriguez Zapatero, cette photo a beau être censurée dans Choc, elle circule librement sur le Net. Quelqu’un a trahi, parlé, transmis les documents. Sur ce net qui ressemble de plus en plus aux océans du dix-septième siècle, avec leurs corsaires et leurs pirates libertaires.

Heureusement qu’il y a encore la terre ferme de la presse quotidienne, des radios et télévisions d’Etat ou non. Le lendemain, « Le Parisien » désamorce la méchante rumeur selon laquelle le Chef de l’Etat aurait une maîtresse, comme Giscard, Mitterrand et Chirac avant lui. Affreux secrets de polichinelle dans le tiroir… Conte japonais, allez circulez, mon bon... La « pipolisation », ce joli mot inventé par le quotidien Le Monde un jour de grande créativité, ne peut pas, ne doit aller aussi loin. On peut publier des photos d’un opposant fétichiste des pieds de femmes fatales, mais prétendre que le Président tout feu tout flamme a une maîtresse, sur la foi d’un vague document heureusement censuré, c’est comme raconter que la Présidente du Medef est entendue par des juges, cela ne se fait pas. Car il n’y a pas que le secret de l’instruction dans la vie ; il y a aussi celui de l’éducation.

Or donc, vous n’allez pas le croire.

Mais cette lettre, cette fameuse lettre n’était en réalité, parlons-en au passé dès à présent, qu’une lettre d’Isabelle Balkany à sa grande amie Cecilia Sarkozy. Voila qui explique le grand nombre de baisers volés, aurait dit Truffaut. Allez. Soyez gentil, fermez le ban derrière vous s’il vous plaît en sortant. Il est tout à fait logique…En tout cas, il n’est certainement pas impensable que Nicolas Sarkozy sorte d’un Conseil des ministres suivi par une Christine Boutin sexy en diable, avec au-dessus de sa pile de dossiers urgents, la guerre en Iran, tout ça, une lettre d’Isabelle à Cécilia. On ne va quand même pas s’étonner que quelqu’un que l’on sait très amoureux et dépendant de sa femme, selon plusieurs sources dignes de foi, c’est-à-dire en l’occurrence des femmes, un homme uxorious aurait dit Lacan, on ne va pas s’étonner qu’un homme pareil lise la correspondance privée de sa femme en conseil des ministres. Et qui sait ? Peut-être à haute voix, histoire de détendre l’atmosphère dans cette France en faillite. Surtout lorsqu’on sait celle-ci fragile, très sujette aux angines blanches, et relevant par ailleurs d’une récente tragédie familiale d’ampleur nationale. Dans de pareilles circonstances, on comprend que le Chef de l’Etat, qui a pourtant d’autres chats nationaux ou non à fouetter, prenne le temps de lire les lettres que son épouse reçoit. Putain, arrêtez de « trop déconner », ou vous finirez pendu dans le Pas-de-Calais. C’est logique.

Par ailleurs et à titre de conclusion définitive sur cette misérable affaire, nous savons tous, depuis longtemps, qu’une partie du destin de la France, de sa chance dans un proche avenir à revenir dans la compétition mondiale, de sa capacité à sortir d’une léthargie profonde et paresseuse (une neurasthénie, disons le mot) qui l’a envahie pendant douze ans de règne chiraquien, tient pour partie à la solidité du couple présidentiel. Et il ne faut pas être grand clerc ni grand psychanalyste pour comprendre puis admettre que toute attaque contre celle-ci reviendrait d’un même assaut vulgaire et qui nous serait parfaitement étranger, à attaquer la solidité de la France.

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