FRIDA Film Festival, Paris, juin 2026
Festival et rencontres itinérantes du film d’art

Conférence MixIT

Aux racines des utopies du Web

Lyon

Par David Dufresne, 17 mai 2026 | 562 Lectures

Remonter à 1994 pour planter le décor : un studio parisien, CompuServe, une connexion payée en dollars, et ce bruit de modem décrit comme « le bruit de mes utopies ». Faire partie de la première génération du web francophone, marquée par le texte de Hakim Bey, Zone d’autonomie temporaire, qui voyait dans chaque coin du réseau un espace de liberté pirate, provisoire et radical. Avec quelques autres, dont Mona Chollet, publier dès 1997 le Manifeste du web indépendant, alertant déjà contre « le danger du commerce » et les « messages publicitaires agressifs destinés à ficher ».

Quand les Gilets jaunes descendent dans la rue en 2018 et que les journalistes ne « foutent rien sur la question des violences policières », décider d’agir. Lancer Allô Place Beauvau sur Twitter, un travail de répertoire quotidien, jour après jour, de toutes les traces laissées sur les réseaux sociaux documentant les violences d’État. Convoquer des développeurs, des amis de la première heure, pour créer des « moulinettes » récupérant automatiquement ses tweets, les injectant dans une base de données, générant des infographies. Le projet s’impose dans le débat public, reconnu par l’ONU, le Conseil de l’Europe, le Parlement européen — « à défaut d’être reconnu par la France ». Le film qui en découle, Un pays qui se tient sage, est sélectionné à Cannes.

Lancer à la salle pleine de développeurs : « Codeuses, codeurs, ramenez-nous de la démocratie dans le code. Ne travaillez pas pour des gens qui nous réimposent le minitel. » Pour lui, le web n’a jamais dû être une télé : c’est l’hypertexte, la déconstruction, l’idée que chacun peut être émetteur et récepteur.

Enfin, convoquer les ordonnances du Conseil national de la Résistance de mai 1944 pour poser le cadre : « La presse n’est pas un instrument de profit commercial mais un instrument de culture » et « La presse est libre quand elle ne dépend ni de la puissance gouvernementale, ni des puissances d’argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs. »

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mauvais esprits

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